Histoire de Sarah (3)
Un jour, je me souviens qu’elle était très belle, elle m’a proposé de visiter une petite maison en banlieue. Ce n’était pas exactement ce que je cherchais mais elle a insisté. Nous avons pris un taxi, elle marchait difficilement tant sa grossesse était avancée. La maison était sale, délabrée mais la jeune femme a si bien su me présenter toutes sortes d’avantages que j’ai fini par demander à signer le soir-même.
Deux semaines plus tard, je pouvais m’y installer. Alors un samedi matin, j’ai tourné la petite clé dans la porte de derrière, et je suis rentré dans ma cour. Tu étais posée par-terre, au pied d’une échelle, roulée dans une couverture et tu dormais. Je n’ai pas hésité : j’ai su que tu avais été mise là parce que ta mère me faisait confiance. Je n’ai jamais cru que tu avais été déposée dans cette cour-là par hasard. Je savais qu’on n’avait pas voulu ta mort mais ta vie qui allait être pour moi une renaissance. J’ai fait ce qu’il fallait pour te garder, j’ai essayé de rendre ta vie légère malgré le poids des années que j’avais vécues avant toi et je ne suis retourné à l’agence immobilière que cette semaine. Il y a maintenant plusieurs employés. La patronne s’appelle Sarah Weill, elle est brune, encore jeune et très jolie. Elle ne m’a pas reconnu, ni même à vrai dire vraiment regardé. Moi, je ne lui ai pas parlé.
Le premier jour, quand je t’ai prise dans mes bras, je me suis assis sur un barreau de l’échelle et j’ai trouvé dans la couverture ce papier.
Alors son père tend à Sarah une feuille de papier jaune où elle lit ces mots :
VOUS N’OUBLIEREZ PLUS.
Il y a aussi des caractères hébraïques.
-”Sais-tu ce qui est écrit là, papa ?”
- Oui, Sarah. Mais c’est à elle de te le dire.
- Et si la femme de l’agence n’est pas ma mère ?
- Nous irons en Pologne tous les deux.”
Deux semaines plus tard, je pouvais m’y installer. Alors un samedi matin, j’ai tourné la petite clé dans la porte de derrière, et je suis rentré dans ma cour. Tu étais posée par-terre, au pied d’une échelle, roulée dans une couverture et tu dormais. Je n’ai pas hésité : j’ai su que tu avais été mise là parce que ta mère me faisait confiance. Je n’ai jamais cru que tu avais été déposée dans cette cour-là par hasard. Je savais qu’on n’avait pas voulu ta mort mais ta vie qui allait être pour moi une renaissance. J’ai fait ce qu’il fallait pour te garder, j’ai essayé de rendre ta vie légère malgré le poids des années que j’avais vécues avant toi et je ne suis retourné à l’agence immobilière que cette semaine. Il y a maintenant plusieurs employés. La patronne s’appelle Sarah Weill, elle est brune, encore jeune et très jolie. Elle ne m’a pas reconnu, ni même à vrai dire vraiment regardé. Moi, je ne lui ai pas parlé.
Le premier jour, quand je t’ai prise dans mes bras, je me suis assis sur un barreau de l’échelle et j’ai trouvé dans la couverture ce papier.
Alors son père tend à Sarah une feuille de papier jaune où elle lit ces mots :
VOUS N’OUBLIEREZ PLUS.
Il y a aussi des caractères hébraïques.
-”Sais-tu ce qui est écrit là, papa ?”
- Oui, Sarah. Mais c’est à elle de te le dire.
- Et si la femme de l’agence n’est pas ma mère ?
- Nous irons en Pologne tous les deux.”
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