Saint-Valentin -l'histoire (fin)
Au coeur des froides nuits qui suivirent, je vins souvent m’asseoir près de l’ouvrage. Nous n’échangions pas un mot. Je sentais Pénélope gênée par ma présence et ne savais comment la rassurer. Puis, les nuits et les jours passant sans que son secret ne fut révélé, je gagnai peu à peu sa confiance : elle travaillait plus sereinement et parfois même levait la tête et m’adressait un sourire.
Une nuit enfin, elle parla :
-Antipaxos, j’aime votre silence... grâce à lui, vous êtes devenu mon ami. Vous auriez pu me trahir, vous ne l’avez pas fait. Vous auriez pu faire de mes nuits un enfer, vous êtes un compagnon reposant. Je sais depuis longtemps qu’Ulysse ne reviendra pas car il est sans aucun doute mort depuis des années. Je dois prendre un nouvel époux. Je ne voulais pas, mais depuis que je vous connais, je m’y suis résolue. Je ne trouverai pas meilleur compagnon que vous. Dès que Télémaque rentrera de voyage, j’annoncerai notre union.
Je me jetai à ses pieds et couvris ses doigts de baisers. Elle me caressa la tête, prit mon visage entre ses douces mains et m’embrassa. Je ne saurais expliquer par quel miracle nous nous retrouvâmes nus et enlacés sur sa couche. J’obéis volontiers à ses désirs impétueux et la suivis très loin sur la route du plaisir. Nous eûmes bien d’autres nuits d’amour au coeur du palais cet hiver-là, mais jamais je n’oublierai celle-ci.
Au petit matin, ma reine me dit :
- Mon ami, il nous faut être très prudents car maintenant ce sont deux secrets que nous partageons.
Nous renonçames à nous voir toutes les nuits : nous ne nous rencontrions que lorsque le vent des îles soufflait fort, couvrant les bruits du palais. Puis nous prîmes l’habitude du rendez-vous quotidien dans la roselière. C’est là-bas que nous avons convenu de ce que nous ferons dès le retour de Télémaque : la reine annoncera qu’elle choisira son nouvel époux à l’issue d’une épreuve de tir à l’arc. Nous sommes sûrs de mon triomphe à ce jeu, mais nous avons tout de même prévu quelques petits arrangements destinés à m’assurer la victoire quoi qu’il arrive. Après le concours, Pénélope me présentera comme l’élu et tous s’inclineront devant moi. Elle saura gagner l’approbation de son fils qui ne s’est jamais montré désagréable à mon égard. Bientôt, elle et moi pourrons enfin nous aimer en pleine lumière.
J’utilise les quelques jours qui nous séparent de la cérémonie pour rédiger ces lignes que je destine à l'enfant que Pénélope me donnera l’année prochaine.FIN
Une nuit enfin, elle parla :
-Antipaxos, j’aime votre silence... grâce à lui, vous êtes devenu mon ami. Vous auriez pu me trahir, vous ne l’avez pas fait. Vous auriez pu faire de mes nuits un enfer, vous êtes un compagnon reposant. Je sais depuis longtemps qu’Ulysse ne reviendra pas car il est sans aucun doute mort depuis des années. Je dois prendre un nouvel époux. Je ne voulais pas, mais depuis que je vous connais, je m’y suis résolue. Je ne trouverai pas meilleur compagnon que vous. Dès que Télémaque rentrera de voyage, j’annoncerai notre union.
Je me jetai à ses pieds et couvris ses doigts de baisers. Elle me caressa la tête, prit mon visage entre ses douces mains et m’embrassa. Je ne saurais expliquer par quel miracle nous nous retrouvâmes nus et enlacés sur sa couche. J’obéis volontiers à ses désirs impétueux et la suivis très loin sur la route du plaisir. Nous eûmes bien d’autres nuits d’amour au coeur du palais cet hiver-là, mais jamais je n’oublierai celle-ci.
Au petit matin, ma reine me dit :
- Mon ami, il nous faut être très prudents car maintenant ce sont deux secrets que nous partageons.
Nous renonçames à nous voir toutes les nuits : nous ne nous rencontrions que lorsque le vent des îles soufflait fort, couvrant les bruits du palais. Puis nous prîmes l’habitude du rendez-vous quotidien dans la roselière. C’est là-bas que nous avons convenu de ce que nous ferons dès le retour de Télémaque : la reine annoncera qu’elle choisira son nouvel époux à l’issue d’une épreuve de tir à l’arc. Nous sommes sûrs de mon triomphe à ce jeu, mais nous avons tout de même prévu quelques petits arrangements destinés à m’assurer la victoire quoi qu’il arrive. Après le concours, Pénélope me présentera comme l’élu et tous s’inclineront devant moi. Elle saura gagner l’approbation de son fils qui ne s’est jamais montré désagréable à mon égard. Bientôt, elle et moi pourrons enfin nous aimer en pleine lumière.
J’utilise les quelques jours qui nous séparent de la cérémonie pour rédiger ces lignes que je destine à l'enfant que Pénélope me donnera l’année prochaine.FIN
Mais nous savons bien qu'Ulysse est revenu, qu'il a remporté le concours de tir à l'arc et que tous les prétendants ont été tués... Se faire des illusions... c'est comme ça qu'on dit, non ? Pauvre Antipaxos...
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