Randonnée
Tu dis toujours quand on rentre de rando :
douze kilomètres c’est bien,
on n’a pas traîné !
Et moi je pense :quel crétin !
Alors aujourd’hui dans mon sac à dos,
j’ai glissé la plus grande des Michelin
elle nous servira de couverture
si nous avons froid en pleine nature.
Je te pousserai à l’écart du chemin,
dans mes yeux, tu liras mon désir
étonné, tu bafouilleras des mots comme :
n’y pense pas, pas le temps de faire un somme
ça va casser le rythme, nous ralentir.
D’un regard très noir, je te ferai taire
car vraiment, je veux avec toi mon cher
tracer un nouvel itinéraire
qui n’est pas dans le PDIPR
Je te propose un voyage au long cours
sans carte et avec beaucoup de détours
N’appelle pas la météo au secours
Je veux juste entendre des mots d’amour
Par une belle après-midi d’automne
à l’ombre, si tu veux, nous mettrons ensemble
toi et moi, tous nos sens dans tous les sens
je serai Eve et toi le premier homme
Mais la nuit tombant vite alentour
de cette boucle, il faudra finir le tour
vider les gourdes, replier la carte
ranger les chaussures dans le placard
Allez dépêche-toi, ne traine pas des pieds
dis-toi bien que tu n'as mal nulle part,
non, tu n'as pas de travail en retard
le bonheur c'est maintenant ou jamais.
Ce beau chemin m'a fait me souvenir d'avoir écrit (et dit en public plusieurs fois) ce texte. Pas à un congrès de randonneurs !