Vieille histoire pour photo récente
Dans une verte campagne, sur ses longs pieds s'avance un bel oiseau gris. C'est le héron au long bec emmanché d'un long cou. Il s'approche à grands pas mesurés d'une rivière, choisit un bel endroit, large et ensoleillé et se plante là, sur une seule patte. Immobile, il regarde défiler la vie sur les galets brillants.
Tout d'abord, c'est une carpe, une commère carpe, bien dodue qui passe sous ses yeux. Elle est escortée de son compère le brochet, grand, souple, l'oeil vif. Le héron pourrait facilement les attraper mais il ne se sent pas d'appétit. Il est d'humeur contemplative pour un moment encore.
Le temps passe... Passent aussi des tanches, beaucoup de tanches... Le héron qui maintenant a un peu faim se dit : " Moi, manger des tanches ! moi, héron, que je fasse une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?"
Et le héron attend... Il voit frétiller des goujons argentés.
" Du goujon ! C'est bien là le dîner d'un héron ! Je n'ouvrirai pas pour si peu le bec !"
Ouvrir le bec... Il le fait volontiers quand la faim se met à lui mordre le ventre. Le héron, si exigeant, l'ouvre enfin mais pour un ... limaçon.
(Le texte est un brouillon pour un spectacle de contes à partir des fables de la Fontaine en préparation.
Le héron s'était posé cet été aux Mauroux, en pleine expo)