Gustou en voyage (2)
Les gens sont arrivés en avance. Beaucoup. Nous en connaissions une partie, certains étaient à Rodez avec nous. Et puis il y avait tous ceux que nous connaissions par leurs spectacles, leurs livres ou leurs CD. Nous étions plutôt impressionnés : Alain devait jouer de l'accordéon, de la chabrette, du fifre et chanter devant des "maîtres". Pour le conte, histoire de nous décontracter, il y avait deux pros sous la halle et plusieurs amateurs. Quant à parler Occitan en public, c'est finalement plus facile devant des spécialistes que devant un parterre de "locuteurs natifs" (de vieux Périgourdins, quoi...) persuadés que l'on ne peut pas bien parler si on n'a pas 70 ans bien tassés. Là, il y avait les deux ! En plus, c'est un spectacle tout public et il n'y avait presque pas d'enfants !
Bon, on a commencé avec un super trac et ça s'est très bien passé. Les gosses sont arrivés en cours de récit. La qualité d'écoute était exceptionnelle. Comme à chaque fois qu'on amène Gustou quelque part, les gens étaient heureux d'entendre ces comptines "traditionnelles arrangées" toutes simples (une dame âgée répétait les jours de la semaine après moi !). Et puis, Gustou, avec son bazar et ses imperfections, c'est nous.
Après les grillades, Monique Burg a conté dans la salle des fêtes (il faisait si froid dehors!). C'est moins beau que la halle, n'est-ce pas ?
Là aussi, les gens avaient les oreilles grand'ouvertes et ça en valait la peine : c'est une très bonne conteuse, en Français aussi. Je l'avais vue quinze jours auparavant à Rodez, elle racontait alors les mêmes histoires en Languedocien.
J'ai adoré faire cette "double écoute".